STAËL Nicolas de [Saint-Pétersbourg, 1914 - Antibes, 1955], peintre français d'origine russe

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STAËL Nicolas de [Saint-Pétersbourg, 1914 - Antibes, 1955], peintre français d'origine russe

Rare correspondance de 4 lettres autographes signées, adressées à un libraire (M. Lambert). 11 pages in-4°
- Lettre autographe signée. Sans date; 2 pages in-4°.
«Très cher libraire, absolument impensable notre histoire de scrupules mais que voulez-vous le monde est ainsi fait qu'on n'en finit jamais avec les surprises. Merci.
Trouvez moi ce bouquin. Envoyez moi ce fric s'il vous gêne pour que je vous le renvoi quand vous aurez le livre mais vous êtes fichu de ne pas avoir le livre sans fric de moi.
Du protocole, Goldsmith, j'en veux bien, mais trouvez moi ce bouquin, nom de Dieu.
Vous n'allez pas tout de même nous vexer parce que c'est difficile à dénicher. Alors quoi ?
Faites comme bon vous semble. Vous pouvez m'écrire directement à Antibes. [...] Maintenant si vous poirotez encore un mois pour ravoir cet argent je ne vois pas pourquoi vous me le proposez aujourd'hui. Je vous veux bien comme banquier, mais pour le livre pas autrement.
Cordialement. Staël.»
- Lettre autographe signée, adressée à M. Lambert. Sans date; 3 pages in-4°. «Vous êtes des enfants dans cette histoire de livres. Souscrire un livre veut dire qu'on s'engage à en acheter une fois le livre fait et pas autre chose. À mon humble avis vous n'obtiendrez jamais de Jacques
Dubarry un versement quel qu'il soit surtout d'une ordre aussi ridicule que deux cent cinquante mille francs pour un livre qui nous en coûtera dix fois plus à faire avant d'avoir fait le livre. Il se peut que je me trompe mais pourquoi diable, voulez vous qu'il vous croit avoir besoin de cette somme alors que vous êtes prêts à la décupler ? Ceci dit pour Rosenberg non seulement vous n'aurez aucune réponse mais un homme qui vend pour des sommes énormes de tableaux d'un peintre sans autre publicité que son propre nom ajouté à celui du peintre prendra votre histoire pour une injure à sa réputation et aussi à la réputation du peintre. Cela, c'est sûr. Alors comment voulez-vous que je vous aide ? Je n'en sais rien mon vieux. Si Falaise ne dispose pas de capitaux ou de crédit bancaire, vous n'arriverez à rien, cela me paraît évident. Si vous voulez le nom de Jacques Dubourg au crédit de l'édition, cela me parait facile mais si vous comptez sur mon argent pour démarrer vous n'avez aucune chance, il sentira immédiatement que quelque chose dans votre organisation boutique ne marche pas.»
- Lettre autographe signée, adressée à M. Lambert. Sans date; 1 page in-4°. «Je fais suivre votre lettre d'affaires à Jacques Dubourg. Ce n'est pas mes opinions, j'espère que cela ira tout seul. Qui sait ! Il est naturel que vous preniez sur vous la responsabilité du texte, si tout cela se fait. Quant aux paroles nuisibles, je ne pige pas encore très bien. Il faut du temps.»
- Lettre autographe signée, adressée à M. Lambert. Sans date; 5 pages in-4°. «Bon alors c'est facile. Je ne sais si c'est moi qui ai mal compris ou vous qui vous êtes mal exprimé. L'achat de livres à la parution ferme par Jacques Dubourg, considérez que c'est fait. Ceci dit je suis prêt à vous voir quand vous voudrez mais il serait plus profitable et pour vous et pour moi et pour le livre que le travail soit le plus avancé possible.
Quel format avez-vous adopté ? Faites vous du noir parfois hors des couleurs ? Un tableau sur le plan absolu est fait d'une certaine couleur, d'un certain ton qui par rapport à la dimension de sa sonorité doit être d'une telle précision, d'une telle justesse, d'un volume si exact qu'il est absurde de vouloir le reproduire en couleur. Les seules reproductions valables sur le plan simplement d'art seraient des photographies en noir colorées à l'encre d'imprimerie par le peintre qui fit le tableau ou bien il faudrait peindre à l'encre sur du papier couché et dans le format exact de la reproduction. Est-ce que vous comptez faire un texte long ou un texte court ? De combien de pages disposez-vous ? Répondezmoi à tout cela. Je vous donnerai la liste des tableaux à reproduire. Les notes biographiques doivent rester des notes parce que la vie privée d'un peintre doit toujours rester à l'écart de son travail. Vous êtes attendrissant avec votre enthousiasme pour les reproductions en couleurs, j'avoue que je ne partage pas votre élan mais cela n'a pas d'importance. On finirait peut-être à faire servir la photographie mais ce n'est pas dit. Pour moi c'est sans espoir. Mais que voulez-vous, tout le monde en veut même dans la mesure où cela dessert la peinture. Alors tant pis.
[...] Je vous dirai sur cent pages toutes les raisons majeures de détester quelque reproduction que ce soit et surtout celles en couleurs. Mais bon courage, faites un bon texte. Lisez si vous pouvez la Vie des Formes de Henri Focillon. Malgré le vocabulaire, c'est un des meilleurs livres qu'on puisse lire. D'ailleurs peut-être n'est-ce qu'une recherche de vocabulaire mais que d'intelligence.» Il ajoute en Post-scriptum: «Ce qui est important c'est la bibliographie pour les gens sérieux. Il y a un texte de Denys Sutton dans un numéro de Signatures en anglais. Il y a un texte de Patrick Waldberg dans Transition, il existe en français et en anglais. Il y a des poèmes de Tudal, de Charles Estienne, de René Char, une préface à Londres de Sutton, un texte de Courthion, je ne sais pas, peut-être plusieurs.»
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