Auguste RODIN (1840-1917)

Lot 133
400 000 €
Résultat : 2 560 000 €

Auguste RODIN (1840-1917)

Le penseur, taille originale Conçu en 1881-1882, fondu en 1917. Bronze à patine brun vert signé : « A. Rodin » à l'avant gauche du rocher. À l'arrière du rocher : « A. Rudier, Fondeur, Paris ». À l'intérieur du bronze : « A. Rodin » en relief. Hauteur : 72,5 cm - Largeur : 39,5 cm - Profondeur : 59 cm Frottages à la patine, piqûres, taches, couche de plomb à l'intérieur du rocher. PB Bibliographie : - « Rodin et le bronze » tome 2, d'Antoinette Le Normand-Romain, Ed. RMN, 2007, page 585, oeuvre en rapport. Provenance : - Galerie Haussmann, 29, rue de la Boétie, Paris VIIIème, achat le 8 mars 1917 - Collection Émile Chouanard. La facture d'achat auprès de la Galerie Haussmann reproduite page 44 sera remise à l'acquéreur. Cette oeuvre sera incluse au catalogue critique de l'oeuvre sculpté d'Auguste Rodin actuellement en préparation par le Comité Rodin sous la direction de M. Jérôme Le Blay. Le Penseur qui fut aussi appelé « le poète » ou « le poète penseur », est représenté nu sur un roc, la tête lourde de pensées, penchée en avant, le menton appuyé sur la main droite repliée en dedans, l'autre bras reposant sur un genou, la main pendante. Cette figure domine, au milieu du tympan, les vastes scènes de la Porte de l'Enfer. C'est au fronton de la Porte de l'Enfer, qu'Auguste Rodin prévoyait de placer cette statue du Penseur, initialement conçue comme une représentation de Dante, plongé dans ses pensées et méditant sur sa création infernale. Le Penseur est créé comme une véritable ronde-bosse, au dos complètement modelé, quoiqu'elle dût s'intégrer au tympan, il est une des premières figures exécutées pour la Porte et il est expressément décrit par Octave Mirbeau en 1885 : il avait alors trouvé sa place définitive au centre du tympan. Rodin a réalisé à partir de ce projet une oeuvre autonome, qui dans l'esprit du sculpteur, devait illustrer de façon beaucoup plus générale les conditions de l'existence humaine au seuil de la modernité. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le Penseur, qui est une de ses oeuvres les plus connues, ait inspiré une multitude d'interprétations possibles : aussi bien le mélancolique méditant et l'esprit créateur que le portrait de l'artiste perdu en lui-même. Une épreuve, en bronze agrandie du Penseur résultant d'une souscription publique et internationale menée par Gabriel Mourey, fut longtemps exposée sur la place du Panthéon mais comme elle ne fut pas jugée à l'échelle du monument de Soufflot, elle fut enlevée en 1922 et transportée au Musée Rodin. « 1875-1917 : du vivant de Rodin... Le bronze restait également un matériau noble que les mêmes artistes pouvaient élire pour la réalisation de leurs oeuvres, de préférence au marbre et ainsi que les incitait l'exemple des maîtres de la Renaissance italienne. Rodin signa lui aussi quelques contrats d'édition, à tirage illimité et dans plusieurs tailles, pour des oeuvres exposées au Salon, mais ceux-ci furent peu nombreux et n'intervinrent que tardivement, à partir de 1898. Il faut souligner l'originalité de sa position : à quelques exceptions près, il garda le contrôle sur la fonte de ses oeuvres ; comme avant lui Barye ou Carpeaux, il fut son propre éditeur, mais sans que cela prenne une forme institutionnalisée. En effet, il aimait le bronze, « toujours plus avantageux, dit-il, pour ma sculpture car il garde mieux mon modèle » au point de ne pas hésiter à employer des termes de fonderie pour parler des femmes dont il admirait « la fine ciselure du corps et du coeur. Le grand fondeur qui nous a fait vous a certainement mieux patiné que nous ». Il voyait ainsi en chaque bronze une oeuvre originale, unique, et cela même si le succès l'entraina à multiplier les fontes, après 1900 surtout, alors que, en raison d'expositions de plus en plus nombreuses, la demande ne cessait d'augmenter. Mais tous les sujets ne connaissaient pas le même succès : L'homme au nez cassé et, pour les grandes figures, l'âge d'Airain, Éve, Saint Jean-Baptiste, le Penseur, comptent parmi les oeuvres les plus appréciées du vivant de l'artiste... En effet, ce sont les oeuvres les plus abouties, au sens traditionnel du mot, qui plaisaient surtout. (...) À partir de 1883, François Rudier travailla régulièrement pour Rodin jusqu'en 1887, de façon très épisodique au début des années 1890 et de nouveau très activement entre 1897, date à laquelle il fondit les deux premiers exemplaires de la grande Éve, et 1901. (...) Tandis qu'une génération (de fondeurs) disparaissait vers 1902-1903, deux nouveaux fondeurs faisaient leur apparition : A.A. Hébrard et Alexis Rudier (Eugène Rudier). (...) Eugène Rudier (1878-1952), installé 45, rue Saintonge, l'avait emporté sur lui (Hébrard). Rodin trouva en effet en celui-ci un collaborateur qui répondait parfaitement à ses désirs. Fils d'Alexis (1844-1897), dont il conserva la marque, neveu de François, Eugène Rudier commença à travailler avec Rodin en 1902 et devint peu à peu son principal collaborateur, au point de faire partie de son entourage le plus proche à la fin de sa vie : « Moi qui voyais Rodin tous les jours », affirma-t-il lors du procès Montagutelli en 1919. Et il resta le seul pendant la guerre car, ayant su s'organiser à temps, il disposait d' « un stock assez important de cuivre et de vieux ouvriers », « habitués à ne travailler que pour vous », ainsi qu'il déclara à Rodin. Extrait de : « Rodin et le bronze » tome 1, d'Antoinette Le Normand-Romain, Ed. RMN, 2007, page 341, oeuvre en rapport»
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